Dernières nouvelles à la SOGC

Déclaration du comité des maladies infectieuses de la SOGC : Dolutégravir et grossesse

Dans les données issues d’une analyse intermédiaire imprévue d’une étude observationnelle réalisée au Botswana publiées le 18 mai 2018, on rapporte une augmentation potentielle du risque d’anomalie du tube neural (ATN) chez les femmes qui reçoivent un traitement préconceptionnel au dolutégravir (DTG) (0,9 % c. 0,1 % dans le groupe de traitement antirétroviral [ARV] sans DTG à la conception).  

Dans de nouvelles données issues de la même étude, publiées et présentées au congrès de la Société internationale sur le SIDA en juillet 2019, on rapporte que la prévalence des ATN chez les femmes qui recevaient du DTG à la conception était de 0,3 % par rapport à 0,1 % chez celles qui recevaient un traitement ARV sans DTG.

Le tube neural se ferme très tôt dans le développement embryonnaire, soit à 28 jours postconception (6 semaines après la dernière menstruation chez les femmes ayant des cycles réguliers de 28 jours). Cette réalité fait ressortir l’importance du counseling préconceptionnel et du recours à une méthode de contraception hautement fiable chez les femmes atteintes du VIH, car la meilleure occasion de réduire les risques se présente avant la grossesse.

D’après ces données, voici les recommandations révisées et mises à jour :

  1. Chez les femmes qui prennent tout antirétroviral, y compris le DTG, deviennent enceintes et en sont à plus de 6 ou 7 semaines de grossesse, il convient de poursuivre le même traitement antirétroviral s’il s’avère efficace et bien toléré, mais il y a lieu d’évaluer le traitement globalement dans le contexte de la grossesse. Il est recommandé aux femmes exposées au DTG à la conception de subir un dépistage prénatal des ATN. Il n’est pas justifié de recommander l’interruption de grossesse seulement en raison d’une exposition préconceptionnelle au DTG.
  2. Chez les femmes enceintes de moins de 6 ou 7 semaines qui reçoivent du dolutégravir et souhaitent changer de traitement, il y a lieu de les conseiller sur le faible risque absolu de l’exposition au DTG. Il y a lieu de peser ce risque par rapport aux risques qu’impose un changement de traitement étant donné l’incertitude relative à la tolérance et à l’adhésion au nouveau traitement. La décision doit être prise en fonction du choix de la femme de changer de traitement ou de continuer le traitement au DTG.
  3. Il y a lieu de discuter des méthodes de contraception et des intentions de grossesse des femmes non enceintes en âge de procréer qui prennent du DTG lors de chaque consultation relative au VIH*. Il convient de recommander l’utilisation d’une méthode de contraception hautement fiable (p. ex. le dispositif intra-utérin) et d’effectuer un test de grossesse avant ou au moment de commencer un traitement à base de DTG. 
  4. Il y a lieu de conseiller les femmes en âge de procréer qui n’utilisent pas une méthode de contraception hautement fiable sur les risques liés au traitement composé de DTG si elles devenaient enceintes et sur l’innocuité des autres traitements qui ne comportent pas les mêmes risques d’ATN. La décision de changer de traitement doit reposer sur un choix éclairé. Si la grossesse est une possibilité, il a lieu d’envisager d’adopter un traitement sans DTG.
  5. Compte tenu du manque d’information sur l’innocuité de toute nouvelle préparation antirétrovirale, notamment les traitements composés d’elvitégravir, de bictégravir, de TAF ou de cobicistat, la prudence est de mise dans la prescription de ces traitements aux femmes non enceintes en âge de procréer; il convient de les éviter pendant le premier trimestre de la grossesse lorsque possible.
* Pour obtenir des renseignements supplémentaires, consulter la directive clinique de la SOGC no 354 : « Lignes directrices canadiennes en matière de planification de la grossesse en présence du VIH », Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada, vol. 40, no 1, 2018, p. 115-137.

 

Information sur le dolutégravir pendant la grossesse à ce jour :

Des données ont été publiées le 18 mai 2018 d’après une analyse intermédiaire d’une étude de surveillance des naissances financée par les NIH, soit l’étude Tsepamo, menée au Botswana. À ce moment, les données ont révélé que, chez les 11 558 Botswanaises atteintes du VIH qui sont devenues enceintes, 0,9 % des bébés (4 sur 426) nés d’une mère devenue enceinte sous traitement au DTG présentaient une ATN, par comparaison à 0,1 % des bébés (14 sur 11 173) nés d’une mère prenant d’autres combinaisons d’antirétroviraux (1, 2). 

Depuis, d’autres données de l’étude Tsepamo ont été publiées et présentées au congrès de la Société internationale sur le SIDA le 22 juillet 2019. Ces nouvelles données révèlent que la prévalence des ATN liées à la prise de DTG pendant le premier trimestre était de 0,3 % (5 sur 1 683) par rapport à 0,1 % (15 sur 14 792) pour les grossesses non exposées au DTG (10). 

Même si cette diminution observée du risque d’anomalie du tube neural a eu pour effet de réduire le niveau d’inquiétude du « signal de sécurité » relatif à l’utilisation du DTG, le risque demeure plus élevé que ceux des groupes de grossesses exposées à d’autres traitements antirétroviraux. De plus, les données de 2014 à 2019 récemment rapportées, provenant de 22 emplacements au Botswana non compris dans l’étude Tsepamo, ont indiqué un taux d’ATN de 0,65 % pour les grossesses exposées au DTG par rapport à 0,08 % pour celles qui ne l’avaient pas été (11). Les données de surveillance canadiennes sur les anomalies congénitales pour les grossesses exposées au DTG dès la conception ou au premier trimestre n’ont montré aucune différence significative du taux d’anomalies congénitales entre les femmes qui reçoivent un traitement antirétroviral en comparaison à celles non exposées au DTG (3,9 % c. 3,0 %). Parmi les 80 nouveau-nés exposés au DTG pendant le premier trimestre, 4 ont présenté des anomalies congénitales, mais on n’a observé aucune ATN (12). (Au Canada, il est recommandé de prendre des suppléments d’acide folique avant et durant la grossesse, car il s’est avéré abaisser le taux d’ATN.) 

Une revue systématique de l’innocuité du DTG pendant la grossesse (4) rapporte des données sur les anomalies congénitales chez 442 grossesses exposées au DTG. Cette revue comprend les données de 6 études principales, y compris une étude observationnelle en cours au Botswana comparant 845 femmes traitées au DTG à 4 593 femmes traitées à l’éfavirenz; 142 grossesses exposées au DTG (dont 88 au premier trimestre) selon le registre de grossesses avec antirétroviraux; 81 grossesses dans les réseaux EPPICC, PANNA, NEAT-ID; les essais cliniques de phase III pour le DTG; la surveillance post-commercialisation pour le DTG; et 15 femmes participant à l’étude IMPAACT P1026s. Des 442 grossesses exposées au DTG, 16 se sont soldées par des anomalies congénitales (3,6 %), ce qui s’inscrit dans le taux mondial d’anomalies congénitales de 3 à 5 %. Parmi les anomalies congénitales, la plus fréquente était la polydactylie, courante chez les enfants d’origine africaine (1 %), et on a observé 2 cas de kystes rénaux. On n’a enregistré aucun cas d’ATN. Dans une analyse de cohorte rétrospective en Suède (5), 36 femmes enceintes vues à l’hôpital universitaire Karolinska ont reçu du DTG; 14 avant la grossesse et 22 ont commencé le traitement pendant la grossesse. On a observé 4 avortements spontanés précoces, une interruption tardive et aucune malformation congénitale. 

En somme, les données rapportées à ce jour semblent réaffirmer la légère augmentation du risque d’ATN, dans le contexte botswanais, pour les cas de grossesse exposée au DTG, quoique le risque absolu demeure très faible. Par conséquent, l’OMS recommande les traitements à base de DTG comme traitement de première intention chez tous les adultes d’après son analyse du rapport risques-avantages pour des recommandations thérapeutiques fondées sur la population d’Afrique subsaharienne. (Communiqué de presse de l’OMS sur le DTG pendant la grossesse [10] :
https://www.who.int/fr/news-room/detail/22-07-2019-who-recommends-dolutegravir-as-preferred-hiv-treatment-option-in-all-populations)

Contexte général sur les anomalies congénitales et les anomalies du tube neural :

Il est important de remarquer que dans la population en général, 4 à 5 % des nourrissons présentent des anomalies congénitales importantes. Ainsi, toute augmentation du risque lié à la prescription de DTG doit être prise en considération dans ce contexte. Étant donné l’arrivée de technologies modernes, telles que le dépistage prénatal, les tests génétiques prénataux et les examens échographiques détaillés de visualisation d’anomalies fœtales, la majorité de ces anomalies sont détectables. Les ATN surviennent selon différents taux dans différentes populations dans différents pays. La fréquence des ATN au Canada est d’environ 0,04 %. Il s’agit d’une diminution du précédent taux de 0,076 % (6) qui résulte de la supplémentation en acide folique dans les produits céréaliers, laquelle s’est amorcée en 1998. 

Au Canada, même si les aliments sont supplémentés en acide folique, il est recommandé d’ajouter un supplément d’acide folique pour les 12 semaines avant la conception et au moins durant les 12 premières semaines de la grossesse. Pour les grossesses à faible risque (c’est-à-dire les femmes sans antécédents personnels et familiaux), il suffit de supplémenter au moyen de multivitamines contenant entre 0,4 et 0,6 mg d’acide folique ou de vitamines prénatales qui en contiennent 1 mg (7).

Dans l’ensemble, les études révèlent un taux d’ATN variant de 5,2 à 75,4 par 10 000 naissances vivantes dans les pays africains (8). Il convient de remarquer que le taux le plus élevé est de moins de 0,1 %, soit le taux observé chez les femmes atteintes du VIH qui suivent un traitement sans DTG dans le rapport mentionné précédemment issu de l’étude de surveillance botswanaise. Les ATN apparaissent très tôt dans le développement embryonnaire, étant donné que le tube neural se ferme à 28 jours après la conception (6 semaines après la dernière menstruation chez les femmes ayant des cycles réguliers de 28 jours) (14, 15).

En résumé, ces renseignements sur le DTG sont moins inquiétants que les données initialement publiées en mai 2018, mais ils soulignent l’importance des éléments à prendre en compte lorsqu’il s’agit de prescrire un traitement ARV aux femmes au potentiel reproductif ou en période de préconception. Dans les pays où la prescription personnalisée est offerte, l’option la plus sage est de choisir les traitements qui ont une longue feuille de route en matière d’innocuité pendant la grossesse. Il faut de nombreuses années de surveillance post-commercialisation pour savoir s’il y a des préoccupations à avoir relativement aux complications ayant un faible taux d’événements, y compris la tératogénicité. Peu d’études précommercialisation comprennent des femmes et très peu comprennent des femmes enceintes. Il faut donc présumer que les nouveaux médicaments sur le marché comportent des risques inconnus pendant la grossesse. Ainsi, il est nécessaire d’exercer une grande prudence dans la prescription de médicaments aux femmes en âge de procréer (13). 

Références :
  1. Déclaration de l’OMS sur le dolutégravir, Genève, 18 mai 2018.
  2. Déclaration de l’Agence européenne des médicaments, New study suggests risk of birth defects in babies born to women on HIV medicine dolutegravir, 18 mai 2018.
  3. ViiV Soins de santé ULC, Monographie de produit, Tivicay®, 3 février 2017.
  4. HILL, A., CLAYDEN, P., THORNE, C., CHRISTIE, R., ZASH, R., « Safety and pharmacokinetics of dolutegravir in HIV-positive pregnant women: a systematic review », Journal of Virus Eradication, vol. 4, 2018, p. 66-71.
  5. BORNHEDE, R., SOERIA-ATMADJA, S., WESTLING, K., PETTERSSON, K., NAVER, L., « Dolutegravir in pregnancy-effects on HIV-positive women », European Journal of Clinical Microbiology & Infectious Diseases, vol. 37, 2018, p. 495-500.
  6. Agence de la santé publique du Canada, Indicateurs de la santé périnatale 2013 : un rapport du Système canadien de surveillance périnatale, Ottawa, 2013. 
  7. WILSON, D. et coll., « Supplémentation préconceptionnelle en acide folique / multivitamines pour la prévention primaire et secondaire des anomalies du tube neural et d’autres anomalies congénitales sensibles à l’acide folique », Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada, vol. 37, no 6, 2015, p. 550-552.
  8. ZAGANJOR, I., SEKKARIE, A., TSANG, B. L., WILLIAMS, J., RAZZAGHI, H., MULINARE, J., SNIEZEK, J. E., CANNON, M. J., ROSENTHAL, J., « Describing the prevalence of neural tube defects worldwide: A systematic literature review », PloS ONE, vol. 137, 2016, p. 1-31.
  9. Santé Canada, lettre, 7 juin 2018, RA-66998.
  10. https://www.who.int/fr/news-room/detail/22-07-2019-who-recommends-dolutegravir-as-preferred-hiv-treatment-option-in-all-populations
  11. ZASH, R., HOLMES, L., DISEKO, M., JACOBSON, D. L., BRUMMEL, S., MAYONDI, G., ISAACSON, A. et coll., « Neural-Tube Defects and Antiretroviral Treatment Regimens in Botswana », The New England Journal of Medicine, 22 juillet 2019.
  12. MONEY, D., LEE, T., O’BRIEN, C., BROPHY, J., BITNUN, A., KAKKAR, F., BOUCOIRAN, I., ALIMENTI, A., VAUDRY, W., SINGER, J., SAUVE, L. J., Groupe canadien de recherche pédiatrique et périnatale sur le VIH/SIDA, « Congenital anomalies following antenatal exposure to dolutegravir: a Canadian surveillance study », BJOG, 2019, https://doi.org/10.1111/1471-0528.15838. 
  13. MOFENSON, L. M., POZNIAK, A. L., WAMBUI, J., RAIZES, E., CIARANELLO, A., CLAYDEN, P., et coll., « Optimizing responses to drug safety signals in pregnancy: the example of dolutegravir and neural tube defects », Journal of the International AIDS Society, vol. 22, no 7, 2019, e25352.
  14. DETRAIT, E. R., GEORGE, T. M., ETCHEVERS, H. C., GILBERT, J. R., VEKEMANS, M., SPEER, M. C., « Human neural tube defects: developmental biology, epidemiology, and genetics », Neurotoxicology and Teratology, vol. 27, no 3, 2005, p. 515-524, doi:10.1016/j.ntt.2004.12.007.
  15. SADLER, T., « Embryology of neural tube development », American Journal of Medical Genetics, Part C, 2005, p. 2-8, doi : 10.1002/ajmg.c.30049.
10 September 2019
Déclaration du comité des maladies infectieuses de la SOGC : Dolutégravir et grossesse
 

Santé Canada : Cymbalta et le risque d'hémorragie postpartum

Santé Canada: Le risque d'hémorragie postpartum a été inclus dans les sections Mises en garde et précautions et Renseignements pour le consommateur de la monographie de produit canadienne pour Cymbalta.

Santé Canada: Le risque d'hémorragie postpartum a été inclus dans les sections Mises en garde et précautions et Renseignements pour le consommateur de la monographie de produit canadienne pour Cymbalta.

  • Une étude observationnelle visant à évaluer les risques de manifestations indésirables chez la mère associées à l'exposition à la duloxétine pendant la grossesse a démontré un risque accru d'hémorragie postpartum chez les femmes exposées au médicament.
  • Le risque d'hémorragie postpartum était de 36/1 000 (intervalle de confiance à 95 % : 24,8-49,4) chez les femmes exposées à la duloxétine peu avant l'accouchement (30 derniers jours de grossesse) par rapport à 23/1 000 (intervalle de confiance à 95 % : 23,1-23,4) chez les femmes non exposées à la duloxétine pendant la grossesse (risque relatif corrigé : 1,53 [intervalle de confiance à 95 % : 1,08-2,18]).
  • Chez la femme enceinte, l'utilisation de la duloxétine peu avant le travail et l'accouchement ne doit être envisagé que si les bienfaits possibles justifient les risques potentiels pour le fœtus et la mère.

En savoir plus.

29 August 2019
Santé Canada : Cymbalta et le risque d'hémorragie postpartum
 

Déclaration de la SOGC – L’accès à l’avortement médicamenteux au Canada : un problème complexe à résoudre

Une série d’articles récents de quotidiens ont jeté la lumière sur les enjeux relatifs à l’accès à l’avortement médicamenteux qui prévalent d’un bout à l’autre du pays. On y souligne quelques différences importantes entre les provinces et la concentration de l’accès aux cliniques qui fournissent actuellement des services de planification familiale ou d’avortement chirurgical, au détriment des communautés éloignées de petite taille.
 
L’une des grandes priorités des membres de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC), à titre de médecins et bons citoyens, vise à tenter de réduire le nombre de femmes qui connaissent une grossesse non planifiée. Les recherches suggèrent que le nombre de grossesses non planifiées demeure élevé, puisque près de 61 % des Canadiennes ont vécu au moins une grossesse imprévue. Il a été démontré que l’accès gratuit à des méthodes de contraception efficaces réduit le taux d’avortements. La SOGC plaide ardemment en faveur de la sensibilisation et de l’accès à la contraception. Un plan national d’accès à la contraception s’impose pour réduire les obstacles à l’accès et soutenir une gamme de services de planification familiale qui proposent des méthodes de contraception modernes et sécuritaires.  Les coûts personnels, sociaux et de soins de santé d’une seule grossesse imprévue ou qui survient au mauvais moment sont considérables. Un plan exhaustif, mais ciblé aiderait les femmes qui ont besoin d’une méthode de contraception, mais qui ne bénéficient pas d’une couverture en vertu des régimes privés d’assurance ou des programmes d’aide gouvernementaux, et qui n’ont autrement pas les moyens de se payer des méthodes de contraception.
 
Une politique pancanadienne d’accès équitable à la contraception qui repose sur le respect des droits de la personne ouvre la voie à la concrétisation des besoins de santé sexuelle et reproductive et de la saine planification familiale en plus de la promotion de l’égalité des genres et l’habilitation des filles et des femmes à avoir le plein contrôle de leur corps et leur vie, conformément aux importants engagements pris par le Canada.
 
Peu importe la situation, il revient à la personne concernée de décider de poursuivre ou non une grossesse.  De toute évidence, l’accès à des soins ou au choix n’est ni facile ni équitable lorsqu’il faut agir face à un problème et que la décision dépend des ressources personnelles et de l’endroit du pays où l’on vit.
 
La grossesse et l’interruption de grossesse sont des décisions complexes qu’il ne faut pas prendre à la légère. L’avortement est une option nécessaire; la seule question qui se pose est à savoir si elle sera accessible et sécuritaire ou réservée aux personnes qui en ont les moyens. L’objectif est de veiller à ce que toutes les Canadiennes obtiennent le même accès à des fournisseurs de soins de santé bien formés et disposés à offrir un choix d’interruption chirurgicale ou médicamenteuse, dans un réseau de soins sécuritaire, près de chez elle. La SOGC, le CMFC et l’Association des pharmaciens du Canada ont collaboré pour créer une formation détaillée en ligne destinée aux fournisseurs de soins de santé. Une fois la formation terminée, le clinicien est invité à se joindre à un réseau de fournisseurs pour être en mesure de faire des consultations, de partager des expériences cliniques et de s’informer des progrès en matière de recherche. À ce jour, 2 904 fournisseurs ont suivi la formation.  La SOGC et le CMFC ont offert des ateliers qui ont connu de très bons taux de participation lors de leurs congrès annuels, lesquels étaient ouverts à tous les fournisseurs de soins de santé autorisés au Canada.
 
Les fournisseurs qui ont suivi le cours sont issus de nombreuses régions du pays; il semble toutefois que le cours soit surtout utilisé dans les cliniques qui fournissent des soins de santé reproductive. L’arrivée de Mifegymiso sur le marché canadien s’est accompagnée de nombreuses restrictions et, initialement, d’une formation obligatoire. Bien que ce soit possiblement plus normal à l’avenir, Mifegymiso a été le premier médicament soumis à de telles exigences, ce qui a jeté une ombre de complexité et de risques. Les restrictions ont depuis été assouplies étant donné que l’expérience a montré l’innocuité du médicament. Il n’est pas exagéré de suggérer que ce bilan d’innocuité pourrait, en partie, découler de l’introduction prudente du médicament avec un petit groupe de médecins (médecins de famille et gynécologues) et d’infirmières praticiennes qui ont acquis l’expérience nécessaire, laquelle doit maintenant être largement partagée.
 
Le changement tarde à s’effectuer. Bien que l’éducation et la formation soient nécessaires, ces mesures ne suffisent pas pour apporter un changement majeur. Il est essentiel de comprendre les autres et de collaborer avec eux pour influencer l’environnement externe de sorte qu’une nouvelle pratique soit soutenue, et pour contribuer au développement d’une masse critique de fournisseurs qui pourront offrir une orientation à ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances. La prestation de soins sécuritaires nécessite une équipe. Bien que les femmes vivant dans des communautés petites ou grandes, urbaines ou éloignées, présentent le même besoin d’accéder à des options d'interruption de grossesse, elles peuvent ressentir dans les petites communautés une opposition fervente à l’avortement, laquelle influence leur volonté à chercher des soins, et la volonté des praticiens à les prodiguer. Nous reconnaissons cette réalité.
 
Mais si nous nous concentrons uniquement sur les compétences cliniques, les progrès se feront lents. Nous devons aborder la situation sous tous ses angles, sur les plans de la communauté, de l’établissement et des systèmes de soins de santé, afin d’accélérer la mise en œuvre. Les sociétés de professionnels jouent un rôle crucial dans l’offre de formation médicale continue, mais le gouvernement provincial dispose effectivement d’une occasion importante pour améliorer l’accès, comme il l’a fait pour certaines interventions comme celles de la hanche et du genou.
 
Le Canada a longtemps été avant-gardiste et a veillé à ce que sa population profite de libertés, occasions et égalités que tous recherchent. Cependant, nous croyons que nous pouvons faire mieux dans le cas présent; nous devons faire ce qu’il faut pour fournir de l’information sur la santé sexuelle, offrir l’accès gratuit à la contraception et l’accès à toutes les options de grossesse, en éliminant les barrières qui s’élèvent entre les femmes et l’accès à l’interruption médicale des grossesses non désirées.
24 July 2019
Déclaration de la SOGC – L’accès à l’avortement médicamenteux au Canada : un problème complexe à résoudre
 

À propos de la SOGC

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) est l’une des plus anciennes organisations nationales de spécialité au Canada. Fondée en 1944, la Société a pour mandat de promouvoir l’excellence dans la pratique de l’obstétrique-gynécologie et la santé des femmes par le leadership, la défense des intérêts, la collaboration et l’éducation.

La SOGC représente plus que 4 000 obstétriciens-gynécologues, omnipraticiens, infirmières, sages-femmes et professionnels paramédicaux œuvrant dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive.


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Le JOGC met l’accent sur la révision rigoureuse par les pairs et accepte des articles rédigés en français et en anglais. Les résumés de tous les articles sont diffusés dans les deux langues officielles. Le JOGC est indexé dans la base de données Medline.

 

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Dernières directives cliniques de la SOGC

Directives cliniques à venir de la SOGC

Coin des vidéos

La Dre Isabelle Boucoiran sur le nouveau cours en ligne de la SOGC : « Vaccination pendant la grossesse »


« Est-il indiqué pour ma patiente enceinte de recevoir un vaccin antigrippal? », « Elle a déjà reçu un vaccin dcaT auparavant, doit-elle en recevoir un autre pour la grossesse actuelle? », « Comment puis-je faire une recommandation bien appuyée en faveur de la vaccination à mes patientes qui hésitent à se faire vacciner? »

Vous trouverez les réponses à ces questions et plus encore dans le nouveau cours en ligne de la SOGC : « Vaccination pendant la grossesse ». L'inscription sera disponible bientôt à l’adresse https://www.sogc.org/fr/cours-en-ligne.

Ressources

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Cours GESTA
Améliorer les soins dispensés aux femmes, aux bébés et aux familles pendant la grossesse, le travail et l’accouchement.

Cours GESTA

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) accorde la plus haute importance à l’amélioration des soins intrapartum, tant sur le plan de la prestation que des issues. La formation continue est l’un des moyens d’atteindre ce but, et le cours GESTA (Gestion du travail et de l’accouchement), qui se veut un outil pédagogique, en fait partie.

Accueil et aperçu

Le cours GESTA a été élaboré conjointement par les obstétriciens/gynécologues, les médecins de famille, les sages-femmes et les infirmières qui voient aussi à son enseignement et à son évolution. Appuyé par la SOGC, le cours GESTA est le fruit de notre travail auprès des soins dispensés aux femmes, aux bébés et aux familles pendant la grossesse, le travail et l’accouchement.

  • Le contenu du cours est factuel et est fondé sur des directives cliniques canadiennes. Ainsi, les participants qui terminent le cours gagnent des connaissances au sujet des pratiques optimales les plus courantes en matière de prestation des soins.
  • Le cours GESTA a comme objectif d’évaluer, de mettre à jour et de maintenir la compétence des obstétriciens/gynécologues, des médecins de famille, des sages-femmes et des infirmières.
  • Ce cours de deux jours offre des séances plénières fondées sur des cas, et des ateliers pratiques.
  • Ce cours n'est pas destiné à certifier les participants dans les compétences procédurales. Il fournit une éducation et une expérience pratique, mais cela ne remplace pas la pratique en milieu clinique et le mentorat en milieu de travail.
  • La proportion enseignant / participants est d’environ 1 pour 6, ce qui fait que ce cours est hautement interactif et éducatif
Le certificat GESTA sera attribué uniquement aux personnes qui ont suivi le cours dans son intégralité et qui ont réussi l'examen écrit.

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Le cours GESTA ne serait pas possible sans les efforts des spécialistes, des médecins, des infirmières et des sages-femmes formées pour enseigner ce cours à leurs pairs. Afin de maintenir la qualité de ce cours hautement reconnu, le comité GESTA a identifié des exigences spécifiques pour les instructeurs à travers le Canada.

Pour être admissible au cours d’instructeur, vous devez :
  • Avoir participé à un cours GESTA au cours des 4 dernières années
  • Être actuellement inscrit comme médecin de famille ou Obs.-gyn., infirmière autorisée/praticienne ou sage-femme autorisée
  • Fournir activement des soins obstétriques intrapartum

Si vous répondez aux exigences ci-dessus et que vous souhaitez participer au cours d’instructeur GESTA, veuillez soumettre votre candidature (voir le lien pour la demande ci-dessous). Veuillez prendre note que vous devez présenter une lettre de recommandation de votre employeur, du chef de département ou du directeur actuel de cours GESTA.


Si vous êtes sélectionné, vous recevrez un lien d’inscription pour le cours. Après ceci, vous pourrez payer vos frais d’inscription (650 $ + taxes pour les médecins de famille et les Obs.-gyn., 500 $ + taxes pour les infirmières autorisées/praticiennes et les sages-femmes autorisées) et avoir accès au matériel de cours.

Veuillez noter que votre participation au cours d’instructeur GESTA ne garantit pas nécessairement votre statut d’instructeur actif.

Pour devenir un instructeur GESTA actif, vous devez :
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Ontario CME 2019
Toronto, Ontario
 

Ressources à l'intention du public

La SOGC croit que de bons soins de santé s’appuient sur de nombreux partenariats et que l’amélioration des soins de santé exige une méthode holistique et de collaboration.

 Le fait de fournir au public des renseignements nécessaires pour qu'il puisse prendre des décisions éclairées en matière de santé élimine une barrière à l’amélioration de la santé.

LeSexeetMoi.ca

Coté comme l’un des cinq meilleurs projets de cybersanté au monde, leSexeetMoi.ca fournit des renseignements crédibles et à jour sur la santé sexuelle aux adolescents, adultes, parents, enseignants et fournisseurs de soins de santé.

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Programme de reconnaissance de la marque de la SOGC

Le Programme de reconnaissance de la marque vise à aider les consommateurs canadiens à faire des choix éclairés en matière de produits sans ordonnance. 

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