Les jumeaux et les enfants issus de grossesses
multiples sont uniques : chacun se distingue
dès sa conception, tout au long de la
gestation et jusqu'au processus de sa
propre naissance; chacun influence particulièrement
le système familial; chacun réagit différemment
à son environnement; chacun connaît son
propre processus d'individuation. Par
conséquent, et afin de leur assurer une
croissance optimale, on doit faciliter,
aux enfants issus de grossesses multiples
et ainsi qu'à leurs parents, l'accessibilité
aux soins de santé, aux services éducatifs
et sociaux – lesquels prennent en compte
et respectent leurs caractéristiques propres
qui les différencient des enfants issus
de grossesses uniques.
Les jumeaux monozygotes ou identiques
sont issus de la fécondation d'un seul ovule qui se divise après
la conception et se sépare pour former deux embryons ou plus.
Les jumeaux sont génétiquement identiques : même sexe, même
couleur de cheveux et d'yeux et même groupe sanguin.
Les jumeaux dizygotes ou fraternels (bivitellins)
sont issus d'une même fécondation de deux ovules ou plus. Ils
ne présentent pas plus de similarités génétiques que leurs frères
ou sœurs issus de grossesses uniques.
Les jumeaux trizygotes ou fraternels
sont issus d'une même fécondation de trois ovules. Ils ne présentent
pas plus de similarités génétiques que leurs frères ou sœurs
issus de grossesses uniques.
Les jumeaux tétrazygotes ou fraternels
sont le résultat d'une même fécondation de quatre ovules. Ils
ne présentent pas plus de similarités génétiques que leurs frères
ou sœurs issus de grossesses uniques.
On peut retrouver un grand nombre de
variations dans la zygosité, dans le cas de grossesses multiples
de rang supérieur. Par exemple, un groupe de quintuplés peut
se composer de deux enfants monozygotes et de trois enfants
trizygotes, résultant d'une fécondation de quatre ovules.
De multiples ovules sont libérés ou il
y a plus d'une ovulation. Ce phénomène peut se produire spontanément,
sans le recours aux techniques de procréation médicalement assistée.
Un ovule est libéré, mais se sépare une
ou plusieurs fois, produisant des jumeaux monozygotes, des triplés
ou des naissances de rang supérieur. Ce phénomène peut se produire
de façon spontanée, sans le recours aux techniques de procréation
médicalement assistée.
Les techniques de procréation médicalement
assistée telles que l'insémination artificielle, le transfert
d'embryon, la GIFT (technique de transfert tubaire des gamètes),
la FIV (fécondation in vitro) et le transfert ZIFT (transfert
tubaire de zygote) consistent à placer, dans l'utérus, un ou
plusieurs blastocytes ou ovules fécondés, dans le but de provoquer
une grossesse unique, et quelquefois on réussit à mener à terme
plus d'une implantation. Les inducteurs de l'ovulation comme
la bromocriptine, le citrate de clomifène, les gonadotrophines
ou les hormones libératrices de gonadotrophine peuvent conduire
à la libération de plusieurs ovules.
Les facteurs qui influencent la gémellité
dizygote sont : le recours aux techniques de procréation médicalement
assistée, l'ethnie, la grandeur et le poids maternels, et la
parité.
D'autres facteurs peuvent influencer
le taux de gémellité dizygote. Ce sont la fréquence des rapports
sexuels, les antécédents menstruels (le taux de grossesse est
plus élevé chez la femme dont les premières règles sont apparues
assez tôt et qui a un cycle menstruel court, et il est inférieur
chez la femme dont le cycle menstruel est irrégulier), la contraception
orale (qui produit des effets différents d'une femme à l'autre),
les saisons (taux de grossesse plus élevé en été), les antécédents
familiaux tels que l'hérédité maternelle, la classe sociale
ou l'alimentation (rapports contradictoires).
Les facteurs responsables de la gémellité
monozygote sont inconnus, mais on retrouve un nombre légèrement
plus élevé que prévu de jumeaux et de triplés résultant d'une
ovulation provoquée par des traitements contre l'infertilité,
lesquels sont accompagnés ou non d'une fécondation in vitro
ou d'un transfert tubaire de gamètes (GIFT). En général, il
n'y a pas de prédisposition génétique, mais on a quelquefois
rapporté des exemples de familles où l'on retrouvait plusieurs
jumeaux monozygotes.
La fréquence d'apparition de jumeaux
monozygotes (identiques) est estimée, dans le monde entier,
à un taux stable de 3,5 pour 1 000 naissances. La fréquence
d'apparition de jumeaux dizygotes s'échelonne d'un taux de 6,7
pour 1 000 naissances au Japon, à un taux de 40 pour 1 000 naissances
au Nigéria. Les deux facteurs majeurs influençant la gémellité
dizygote sont l'âge de la mère au moment de la fécondation et
le recours aux techniques de procréation médicalement assistée.
La croissance rapide du taux de gémellité est attribuable à
la tendance actuelle qu'ont les femmes, dans notre société,
à différer une grossesse, ce qui a pour effet de conduire celles-ci
à un recours plus fréquent aux techniques de reproduction assistées.
Au cours des 30 dernières années, on
a enregistré au Canada une explosion du nombre des naissances
multiples correspondant à celle des autres pays développés.
Entre 1974 et 1990, les naissances gémellaires ont augmenté
de 35 %, en regard de 100 000 grossesses menées à terme. Pour
la même période, la fréquence des naissances de triplés ou plus
a augmenté de plus de 250 % (information tirée du document Multiple
Births : Trends and Patterns in Canada 1974-1990 Health Reports,
rédigé par WJ Millar, S. Wadhera et C. Nimrod, [source, fiche
d'information POMBA]).
En 1997, il y a eu au Canada un nombre incroyable de naissances
de triplés, soit 126,67 comparativement à 49 en 1980. Le nombre
de naissances issues de grossesses de rang supérieur augmente
encore plus rapidement, en raison du recours plus fréquent aux
techniques de reproduction assistée.
Répercussions
1) L'augmentation des naissances prématurées
se compare à l'augmentation du nombre de naissances multiples.
Puisque la vaste majorité des naissances issues de grossesses
de rang supérieur sont prématurées, et que les bébés ayant un
poids de naissance moindre survivent grâce aux progrès réalisés
en néonatalogie depuis les 30 dernières années, les coûts directement
reliés aux soins de santé donnés lors des naissances multiples
s'en trouvent rapidement augmentés.
2) Les enfants issus de grossesses
multiples sont plus exposés à la mortalité néonatale, aux troubles
du développement et à des séquelles graves et permanentes.
3) Les parents des enfants issus de naissances
multiples subissent un stress accru du point de vue physique,
financier et psychosocial.
Les jumeaux et les enfants issus de grossesses
de rang supérieur peuvent être monozygotes,
dizygotes et même trizygotes, selon
le nombre de fœtus. La zygotie permet de déterminer, dans une
grossesse, si lesdits jumeaux sont « identiques » (même les
monozygotes ne le sont pas vraiment) ou « fraternels ». On traite
souvent de façon différente les jumeaux monozygotes et les jumeaux
dizygotes, assumant que ceux-là sont plus étroitement liés que
ceux-ci et qu'ainsi, ils peuvent être l'un pour l'autre un donneur
potentiel d'organes, de sang, etc. Il est aussi probable que
les jumeaux monozygotes développeront les mêmes troubles génétiques.
Par exemple, si un trouble se retrouve chez l'un des jumeaux,
le deuxième jumeau le développera probablement à son tour. Le
SEUL moment où la placentation peut établir la zygotie est lorsque
cette placentation prend la forme monochoriale; on est alors
en présence de jumeaux monozygotes. La présence de deux placentas
et de deux chorions ne signifie pas qu'il s'agit de jumeaux
dizygotes. À moins d'être en présence d'une gémellité monochoriale,
on doit procéder à un test d'ADN pour définir la zygotie.
Chorionicité
La connaissance précoce de la chorionicité
est l'un des principaux facteurs déterminant la réussite d'une
grossesse gémellaire. Les grossesses multiples monochoriales
sont grandement menacées par le
syndrome de transfusion interfoetale, affection virtuellement
mortelle pour le foetus.
La chorionicité dans le cas de grossesses
gémellaires (et particulièrement dans les grossesses de rang
supérieur) peut être bien déroutante. Chez les jumeaux dizygotes
ou plus, le nombre de placentas est égal au nombre d'embryons.
(Les jumeaux monozygotes peuvent aussi se retrouver dans deux
chorions différents). Dans le cas de jumeaux monozygotes à placenta
monochorial, le succès de la grossesse ne s'en trouve que légèrement
menacé. Par contre, si ces jumeaux partagent le même chorion,
il y a un risque élevé de complications graves comme un taux
élevé de malformations foetales, le syndrome transfuseur-transfusé
(STT)
et les difficultés reliées à la survie d'un foetus, dans le
cas de mort in utero du cojumeau. Si, de surcroît, ces jumeaux
sont monoamniotiques, le risque de complications s'en trouve
grandement accru. Dans une même grossesse multiple, on peut
rencontrer des quantités de combinaisons : tous les foetus sont
dans des chorions séparés; certains fœtus partagent chorions
et amnions; d'autres fœtus partagent les chorions mais non les
amnions. Par conséquent, il est fortement recommandé que des
techniciens, spécialement formés à reconnaître la chorionicité,
procèdent à un examen échocardiographique dès le début de la
grossesse.
Foeticide sélectif
: destruction médicale d'un foetus jumeau anormal, en cours
de grossesse.
Fetus papyraceous (foetus
parcheminé) : au cours du
deuxième trimestre de la grossesse, mort du fœtus qui se comprime
sous la forme d'un papier parchemin.
Gémellité bichoriale
: jumeaux qui se sont développés dans des sacs choriaux différents.
Grossesse de rang supérieur
: grossesse où l'on retrouve trois foetus ou plus.
Grossesse multiple
: grossesse où l'on retrouve plus d'un foetus.
Jumeaux accolés
: jumeaux identiques dont la séparation incomplète les soude
par une partie de leur corps.
Jumeaux
dizygotes : jumeaux formés à partir
de deux zygotes séparés.
Jumeaux fraternels
: jumeaux dizygotes.
Jumeaux monoamniotiques : deux
bébés qui se sont développés dans le même sac amniotique.
Jumeaux monozygotes : jumeaux formés d'un seul zygote.
Jumeaux siamois : voir sous la rubrique jumeaux accolés.
Jumeaux trizygotiques : jumeaux formés à partir de trois zygotes séparés.
Mortalité infantile : mort qui survient dans la première année suivant la naissance du bébé.
Mortalité néonatale : mort qui survient dans le premier mois suivant la naissance du bébé.
Mortalité périnatale : mort du bébé, lors de l'accouchement ou dans la première semaine suivant sa naissance.
Mortinaissance : bébé né à la 24e semaine de gestation ou après et ne présentant aucun signe de vie.
Naissances de rang supérieur : triplés, quadruplés, quintuplés ou plus.
Réduction embryonnaire : voir sous la rubrique réduction foetale.
Réduction fœtale : réduction du nombre de fœtus ou d'embryons viables dans le cas d'une grossesse multiple (généralement de rang supérieur) par intervention médicale.
Réduction multifoetale : voir sous la rubrique réduction foetale.
Réduction sélective : voir sous la rubrique foeticide sélectif.
Superjumeaux : triplés ou plus.
Surfécondation : conception de jumeaux résultant de deux rapports sexuels, à l'intérieur du même cycle menstruel.
Surfoetation : conception de jumeaux résultant de deux rapports sexuels, à l'intérieur de deux cycles menstruels différents.
Syndrome de transfusion interfoetale : voir sous la rubrique syndrome transfuseur-transfusé (STT).
Syndrome du jumeau disparu : disparition de l'un des foetus, au cours de la grossesse.
Syndrome transfuseur-transfusé (STT) : Situation lors de laquelle le sang d'un foetus monozygote se transfère dans l'autre fœtus, par les vaisseaux sanguins du placenta.
Univitellin : monozygote.
Zygote : ovule fécondé.
Zygotie : décrit la conception génétique d'une naissance multiple.
Les femmes qui vivent une grossesse multiple ont besoin de ce qui suit :
de l'information sur la prévention et les symptômes reliés à l'accouchement prématuré;
des ressources prénatales et des soins appropriés pour prévenir l'accouchement prématuré.
Ceci comprend :
le diagnostic de la grossesse multiple, idéalement avant le cinquième mois de la grossesse, et lequel est communiqué avec tact, dans un désir de respect de la vie privée des parents;
la documentation sur la diététique et les conseils nutritionnels, pour favoriser une prise de poids de 18 à 27 kilos (40 à 60 livres);
les soins obstétricaux qui suivent un protocole essentiel à l'issue favorable des naissances multiples; et lorsque la santé de la mère ou les circonstances familiales le justifient :
De la préconception aux soins postnatals, Partir du bon pied est le guide ultime sur la grossesse et l’accouchement pour les futures mères canadiennes.
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC)
780, promenade Echo Ottawa (Ontario) K1S 5R7
Tél. : 800 561-2416 ou 613 730-4192 | Téléc. : 613 730-4314 | Courriel : helpdesk@sogc.com
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