La démographie exerce une pression à la hausse sur le taux de césariennes au Canada
Les Canadiennes choisissent de retarder leur première grossesse à un moment ultérieur de leur vie, et le taux de naissance au Canada effleure le plus faible jamais connu. Au même moment, la pénurie de ressources humaines en soins obstétricaux modifie l’endroit et le moment où les bébés naissent ainsi que la façon dont se déroule l’accouchement.
Au Canada :
En 2005, l’âge moyen des mères à la naissance de leur enfant était de 29,2 ans, soit 2,5 ans de plus qu’en 1975. 1
Le taux de naissance brut du Canada de 10,6 naissances par 1 000 personnes en 2005 constituait le plus faible taux depuis que le gouvernement a commencé à recueillir ces données en 1921. Le taux le plus faible inscrit était de 10,5 naissances par 1 000 personnes, en 2002 et en 2004. 2
Malgré de faibles augmentations au début de la présente décennie, le taux de fécondité du Canada, soit l’estimation du nombre d’enfants que les femmes ont dans leur vie, demeure très faible. En 2005, le taux de fécondité était de 1,54 enfant par femmes, soit bien en-dessous du « taux de remplacement » de 2,1 enfants. 2
Il revient souvent au médecin de famille « à tout faire » de fournir des soins obstétricaux au sein de communautés rurales ou éloignées. Des données de l’ICIS et de Statistique Canada révèlent que le pourcentage des accouchements auxquels ont participé des médecins de famille au Canada est passé de 37 % en 1996-1997 à 28 % de l’ensemble des naissances en 2002-2003. Ces chiffres font état en partie du taux de naissance en baisse au Canada, une tendance démographique qui réduit la viabilité des centres de naissance de « petite envergure » dans les régions rurales du Canada. 3
Malgré la chute du taux de naissances au Canada, la demande en matière de soins obstétricaux excède le nombre de médecins disponibles pour fournir les services. Le nombre de médecins de famille qui effectuent des accouchements dans le cadre de leur pratique est également en baisse, situation qui exerce une pression sur le système de soins obstétricaux du Canada. 3
Conséquences découlant d’une grossesse à un âge plus avancé :
Les mères d’âge plus avancé sont plus susceptibles de nécessiter une césarienne au moment de l’accouchement. Les données de l’Institut canadien de l’information sur la santé démontrent que l’âge moyen des Canadiennes qui ont subi une césarienne en 2005–2006 était de 30,4 ans, par rapport à 28,7 ans chez les femmes qui ont accouché par voie vaginale.4
Conséquences découlant de l’accouchement d’un nombre restreint d’enfants chez les femmes :
Une femme est plus susceptible de nécessiter une césarienne à sa première grossesse, par rapport à une femme qui a accouché par voie vaginale auparavant. Les premiers accouchements représentent une plus grande proportion des naissances totales, entraînant une hausse du taux de césariennes. 4
Conséquences découlant du nombre restreint d’hôpitaux et de professionnels de la santé offrant des soins obstétricaux :
Les fermetures d’hôpitaux ruraux, la centralisation des services obstétricaux dans les centres urbains et les fermetures des unités obstétricales des hôpitaux ruraux réduisent l’accès aux services obstétricaux. Les femmes en régions rurales, surtout celles dont l’accouchement est à risqué élevé, pourraient devoir quitter leur collectivité et parcourir de longues distances pour atteindre le centre urbain le plus à proximité pour accoucher. Dans ces cas, une césarienne planifiée peut être pratiquée pour planifier l’accouchement. 5
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada…
croit qu’il est temps pour les professionnels de la santé qui sont en mesure d’appuyer le processus d’accouchement (obstétriciens, médecins de famille, infirmières et sages-femmes) d’adopter une démarche concertée envers les soins obstétricaux;
croit que le gouvernement du Canada doit reconnaître que la prestation des soins obstétricaux au Canada est problématique (surtout lorsqu’il s’agit des communautés rurales, éloignées et autochtones) et qu’il doit apporter son soutien à la mise en œuvre de l’Initiative pancanadienne reliée à la naissance et de l’Initiative pancanadienne reliée à la naissance à l’intention des Autochtones.
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada est l’une des plus anciennes organisations nationales de spécialité au Canada. Fondée en 1944, la Société a pour mandat de promouvoir l’excellence dans la pratique de l’obstétrique-gynécologie et la santé des femmes par le leadership, la défense des droits, la collaboration, la prise de contact et l’éducation. La SOGC représente des obstétriciens-gynécologues, des omnipraticiens, des infirmières, des sages-femmes et des professionnels paramédicaux œuvrant dans le domaine de la santé sexuelle et génésique. Pour obtenir plus de renseignements, veuillez consulter le site Web www.sogc.org.
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC)
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