Les professionnels de la santé doivent être prêts à identifier la violence exercée sur les femmes et à y réagir, selon la Société des obstétriciens-gynécologues du Canada
Ottawa– L’Organisation des Nations Unies a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Au Canada, nous avons également proclamé le 6 décembre la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, date à laquelle 14 femmes ont été tuées à l’École polytechnique à Montréal en 1989. Pour souligner ces occasions, la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) rappelle à ses membres et à tous les professionnels de la santé l’importance de disposer des connaissances et de la formation pour identifier les cas de violence et y réagir.
Dans sa directive clinique intitulée Déclaration de consensus sur la violence exercée par le partenaire intime, la SOGC fournit des recommandations aux professionnels de la santé sur l’adoption d’une approche compatissante, non moralisatrice et respectueuse au moment de chercher à obtenir des renseignements de la patiente au sujet de la violence exercée par un partenaire intime et pour y réagir. La directive clinique, élaborée par un groupe de spécialistes multidisciplinaires, est fondée sur un examen approfondi de recherches et de stratégies visant à aborder la violence exercée par le partenaire intime.
La SOGC s’engage à sensibiliser davantage le public à la violence exercée par le partenaire intime, surtout si elle est associée à une grossesse. Pour sensibiliser le public à ce crime, la SOGC a fait don de 10 000 $ en juin dernier pour appuyer l’enquête sur l’homicide de Kelly Morrisseau. Mme Morrisseau, mère autochtone de trois enfants vivant à Ottawa, était enceinte de sept mois lorsqu’elle a été fatalement poignardée dans le Parc de la Gatineau (Québec), en décembre 2006.
« Il n’est pas facile de réagir à des cas de violence, mais en tant que professionnels de la santé, nous avons le devoir d’assurer la santé des femmes que nous desservons et de leurs enfants », déclare Dr Guylaine Lefebvre, présidente de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. « C’est pourquoi il est primordial que les professionnels de la santé disposent de la formation et des connaissances pour mieux appuyer les femmes selon leur situation individuelle et unique. »
Des sondages canadiens ont révélé une prévalence de 6 % à 8 % de la violence exercée par le partenaire intime, bien que ces statistiques soient considérées comme étant conservatrices en raison des cas non déclarés. Chez les femmes qui ont déclaré être victimes de violence, 21 % ont déclaré que c’était pendant la grossesse. Parmi ce nombre, 40 % ont déclaré que les actes de violence avaient débuté pendant qu’elles étaient enceintes.
« La violence est déplorable sous toutes ses formes, mais pendant la grossesse, certaines préoccupations particulières entourent la santé de l’enfant à naître », explique Dr Vyta Senikas, vice-présidente administrative associée de la SOGC. « Les femmes qui sont victimes d’abus pendant la grossesse sont plus susceptibles de souffrir de complications, dont la mortalité infantile et maternelle. En tant que professionnels de la santé, nous sommes dans une position unique pour identifier les signes de violence, et pour offrir du soutien à ces femmes et leurs bébés. »
Si l’abus n’est pas divulgué, l’interaction d’une femme avec son fournisseur de soins de santé pourrait présenter la seule occasion d’intervention et de soutien. Dans certains cas, le fournisseur de soins de santé pourrait découvrir les signes physiques d’abus ou la femme peut choisir de divulguer l’abus. Pour le fournisseur de soins de santé, il s’agit d’une période très propice pour fournir du soutien et une orientation pour appuyer ces femmes, selon chaque situation individuelle. Pour cette raison, il est essentiel que les fournisseurs de soins de santé soient prêts et formés pour réagir à des cas de violence.
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Personne-ressource :
Kelly Nolan,
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À propos de la SOGC
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada est l’une des plus anciennes organisations nationales de spécialité au Canada. Fondée en 1944, la Société a pour mandat de promouvoir l’excellence dans la pratique de l’obstétrique-gynécologie et la santé des femmes par le leadership, la défense des droits, la collaboration, la prise de contact et l’éducation. La SOGC représente des obstétriciens-gynécologues, des omnipraticiens, des infirmières, des sages-femmes et des professionnels paramédicaux œuvrant dans le domaine de la santé sexuelle et génésique. Pour plus de renseignements, consultez le site Web www.sogc.org.
25 novembre - Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes
Le 17 décembre 1999, par sa résolution 54/134, l'Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.
Les origines du 25 novembre remontent à 1960, lorsque les trois sœurs Mirabal de la République dominicaine ont été brutalement assassinées en raison de leur activisme politique. Les sœurs, connues sous le surnom de « papillons inoubliables », sont devenues un symbole de la crise de la violence à l’égard des femmes en Amérique latine. Le 25 novembre a été choisi pour commémorer leur vie et promouvoir la reconnaissance mondiale envers la violence à l’égard des femmes, et est respecté en Amérique latine depuis les années 1980.
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