Les obstétriciens-gynécologues félicitent l’Ontario pour la mise en œuvre de la vaccination anti-VPH – les Ontariennes disposeront de cet avantage par rapport à la plupart des résidentes des autres provinces
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) félicite le gouvernement de l’Ontario pour avoir pris la décision de mettre en place un programme de vaccination pour les filles de 2e secondaire de la province cet automne. La Société exhorte tous les territoires et provinces à procéder rapidement à l’immunisation des filles de 9 à 26 ans contre le virus du papillome humain (VPH), soit le virus pouvant causer le cancer du col utérin. Les recommandations de la SOGC en ce sens font partie de la directive clinique publiée aujourd’hui à Ottawa sur le diagnostic, la prise en charge et la prévention du VPH.
« Si la Nouvelle-Écosse et l’Ontario peuvent agir rapidement pour mettre en œuvre un programme pouvant sauver des vies et épargner des milliers de femmes du fardeau de la maladie, pourquoi les autres provinces ne pourraient-elles pas en faire autant? » souligne Dr Guylaine Lefebvre, présidente de la SOGC. « Les gouvernements provinciaux et territoriaux doivent aborder cet enjeu à l’échelle du Canada. Nous ne voulons pas une génération de filles protégées dans une province et celles des autres provinces laissées pour compte. »
Financement de la vaccination anti-VPH
Le gouvernement fédéral s’est engagé à verser 300 millions de dollars pour l’immunisation contre le VPH dans le cadre de son budget 2007. Les provinces et les territoires peuvent obtenir accès, au cours des trois prochaines années, à une partie de ce financement en fonction de leur nombre d’habitants. À l’heure actuelle, seules la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard ont indiqué qu’elles utiliseraient ce fond du gouvernement fédéral cette année. Au début du mois de juin, l’Alberta a annoncé qu’elle ne lancerait pas de programme de vaccination anti-VPH avant la fin 2008. Les autres provinces et territoires n’ont pas encore manifesté leurs intentions.
Une autre recommandation clé de la Société consiste à inciter les provinces et les territoires à établir des registres entourant le dépistage par test de Pap pour détecter le cancer du col utérin dans le cadre des programmes d’immunisation contre le VPH. L’établissement de registres améliorerait le recrutement et le rappel aux femmes en matière de dépistage, ainsi que l’identification et le suivi des femmes présentant des résultats anormaux aux tests de Pap.
« Les vaccins pour prévenir le VPH sont une grande percée en matière de prévention du cancer, mais ils ne remplacent certainement pas le dépistage régulier par test de Pap, » explique Dr Lefebvre. « Les femmes et les filles doivent savoir qu’il ne s’agit pas d’un cas où c’est l’une ou l’autre des options, mais qu’elles doivent se faire vacciner et subir le test de Pap à la fois. »
Les Canadiennes peuvent maintenant se procurer le vaccin sur ordonnance. La vaccination anti-VPH nécessite trois injections en six mois, ce qui revient à un total d’environ 500 $. Cependant, pour bon nombre de femmes, comme le coût du vaccin est trop élevé, elles ne bénéficieront pas de l’arrivée sur le marché du vaccin tant et aussi longtemps que ce dernier ne sera pas offert par l’intermédiaire d’un programme financé par l’État. Nous nous préoccupons particulièrement du sort des immigrantes, des femmes autochtones et des femmes à faible revenu, ainsi que de celui des femmes issues des populations rurales. « Ces groupes courant des risques élevés seront laissés pour compte tant et aussi longtemps que l’État ne financera pas le programme de vaccination », a affirmé le Dr Lefebvre.
Le fardeau de la maladie
Près de 1 350 femmes recevront un diagnostic de cancer du col utérin cette année; 400 autres en mourront. Des milliers d’autres femmes recevront un diagnostic de lésions précancéreuses ou des résultats de frottis de Pap anormaux, ou encore présenteront des verrues génitales (un autre résultat possible de l’infection au VPH). Un nouveau vaccin est en mesure de prévenir les types 16 et 18 du VPH, responsables d’environ 70 % des cancers du col utérin, ainsi que les types 6 et 11, lesquels sont à l’origine de 90 % des verrues génitales. « La vaccination anti-VPH présente le potentiel de grandement réduire les effets considérablement négatifs de l’infection au VPH pour des milliers de femmes et leur famille; cependant, pour y parvenir, elle se doit d’être offerte à tous », a affirmé le Dr Jennifer Blake, Présidente du comité des affaires publiques, SOGC.
Une directive clinique nationale sur le diagnostic, la prise en charge et la prévention du VPH
L’appel en faveur d’un programme d’immunisation financé par les provinces se fait entendre au moment même où la SOGC publie une directive clinique nationale sur le VPH. Rédigée par la SOGC, en collaboration avec six organisations nationales du domaine de la santé, cette directive clinique exhaustive résulte d’une analyse approfondie des données scientifiques portant sur la prise en charge et la prévention du VPH.
De surcroît, cette directive clinique souligne l’importance du dépistage régulier du cancer du col utérin pour toutes les femmes, y compris celles qui ont déjà été vaccinées.
La probabilité qu’une femme présente un cancer du col utérin connaît une hausse spectaculaire si elle ne se prête pas régulièrement au dépistage par test de Pap. Au Canada, les programmes de dépistage ont permis de réduire de moitié le nombre de cas de cancer du col utérin au cours des 30 dernières années; de plus, le taux de mortalité a également chuté d’environ 60 pour cent. « Le vaccin nous aidera à parvenir enfin à l’éradication de cette terrible maladie au Canada », a affirmé le Dr Lefebvre.
Recommandations clés de la directive clinique :
Les gouvernements provinciaux et territoriaux du Canada devraient mettre en œuvre un système de dépistage du cancer du col utérin selon une approche en population générale et financé par l’État, et ce, afin de passer du dépistage opportuniste au dépistage organisé.
Une base de données sur la vaccination anti-VPH devrait être intégrée à une base de données sur le dépistage du cancer du col utérin, afin d’assurer l’évaluation de l’utilité de la vaccination au niveau de la population.
Les programmes de dépistage du cancer du col utérin devraient être axés sur la mise en œuvre de stratégies novatrices et efficaces visant à accroître le recrutement des femmes au sein des populations qui présentent de faibles taux de dépistage, comme les groupes autochtones, les femmes âgées, les nouveaux arrivants au Canada et les femmes marginalisées.
Un plus grand nombre de recherches devraient être menées afin de mieux caractériser l’immunité naturelle et acquise à la suite de l’infection au VPH et de la vaccination anti-VPH, ainsi qu’afin de réviser les stratégies de dépistage de façon à les axer sur l’identification des femmes présentant une infection persistante.
L’abandon du tabagisme devrait être fortement recommandé aux femmes qui présentent une infection au VPH ou quelque stade que ce soit d’une maladie connexe.
La vaccination anti-VPH (visant les types 16 et 18 du VPH, lesquels sont associés à des risques élevés) est recommandée aux femmes de 9 à 26 ans aux fins de la prévention du cancer du col utérin.
Partenaires :
La nouvelle directive clinique sur l’immunisation contre le VPH a été rédigée par la SOGC, en collaboration avec :
Association canadienne pour la santé des adolescents
Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie Canada (AMMI Canada)
Association canadienne de dermatologie (ACD)
Comité canadien sur l’obstétrique-gynécologie pédiatrique et de l’adolescence (CANPAGO)
Collège des médecins de famille du Canada (CMFC)
Santé Canada
Société canadienne des colposcopistes (SCC)
Société des gynécologues oncologues du Canada (GOC)
Association des pédiatres du Québec
Fédération des femmes médecins du Canada
À propos du VPH
Le virus du papillome humain est un virus transmissible sexuellement qui est fortement contagieux. Puisqu’il est transmis par le contact de la peau dans le cadre de relations sexuelles, ce virus peut affecter quiconque ayant déjà eu une relation sexuelle, même sans pénétration. Puisque le VPH n’est souvent accompagné d’aucun symptôme, il est possible d’en être atteint sans le savoir.
Le VPH est la principale cause de cancer du col utérin et de l’anus chez les femmes; il est facilement transmis par le contact de la peau dans le cadre de relations sexuelles. Bien que l’utilisation de condoms constitue une bonne stratégie de protection, elle n’assure pas une protection intégrale contre la transmission du VPH, puisqu’il est possible que la région infectée ne soit pas entièrement couverte par le condom.
Le VPH est très répandu : bien que plus de 80 types de VPH aient été identifiés de façon fiable, les chercheurs estiment qu’il est probable qu’il en existe plus de 200. La plupart du temps, le VPH disparaît de lui-même. Toutefois, certains types de VPH peuvent causer des verrues cutanées et plantaires (verrues apparaissant sur la plante des pieds) banales, tandis que plus de 30 autres types de VPH peuvent affecter le tractus anogénital (région située entre l’anus et les organes génitaux).
Les souches de VPH sont classées selon le risque de causer le cancer et des verrues qui leur est associé. Les souches de VPH associées à un risque élevé (telles que les types 16 et 18) peuvent causer des lésions précancéreuses, le cancer du col utérin, ainsi que des cancers affectant la vulve, le vagin et d’autres organes génitaux. Les souches de VPH associées à un faible risque (telles que les types 6 et 11) peuvent causer l’apparition de verrues anales et génitales, ainsi que contribuer à l’obtention de résultats anormaux dans le cadre du test de Pap et à la présence d’une papillomatose respiratoire récurrente.
Pour plus de renseignements sur le VPH et le cancer du col utérin, consultez les sites suivants :
Société des obstétriciens et gynécologues du Canada - Info VPH www.infovph.ca
Pour plus de renseignements ou pour organiser des entrevues sur ces sujets ou d’autres sujets liés à la santé des femmes, les représentants des médias sont conviés à communiquer avec :
Kelly Nolan, directrice, communications et éducation publique
Tél. : 1-800-561-2416 ou 613-730-4192, poste 366
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Adresse courriel : knolan@sogc.com Site Web : www.sogc.org
À propos de la SOGC
La SOGC est l’une des plus anciennes organisations nationales de spécialité au Canada. Fondée en 1944, la Société a pour mandat de promouvoir l’excellence dans la pratique de l’obstétrique-gynécologie et la santé des femmes par le leadership, la défense des droits, la collaboration, la prise de contact et l’éducation. La SOGC représente des obstétriciens-gynécologues, des omnipraticiens, des infirmières, des sages-femmes et des professionnels paramédicaux œuvrant dans le domaine de la santé sexuelle et génésique. Pour plus de renseignements, consultez le site Web www.sogc.org.
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC)
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