Survivre à la grossesse et à l'accouchement : un droit de la personne
Les taux de décès et d'invalidités maternels et néonatals (mortalité et morbidité) ont à peine diminué au cours de la dernière décennie. Ils ont même augmenté dans certaines régions. Compte tenu de renseignements permettant de réduire les décès et d'améliorer la santé, ces décès sont presque entièrement évitables.
Jusqu'à 80 % des décès maternels sont la conséquence de l'une des cinq principales complications obstétricales, bien connues et relativement communes, qui peuvent être traitées facilement à l'aide d'interventions médicales ou chirurgicales peu coûteuses et existantes.
Chaque femme risque de connaître des complications graves, pouvant mener à une invalidité ou au décès, pendant l'accouchement. Les causes de décès maternel sont similaires dans les pays développés et les pays en développement; toutefois, il existe une énorme différence à l'égard des chances de survie à la suite de complications : 99 pour cent des décès maternels surviennent dans les pays en développement, dont les deux tiers sont recensés dans 13 pays.
Les causes médicales sous-jacentes des décès découlent de toute une gamme de facteurs interdépendants. Les femmes meurent parce qu'elles n'ont pas accès aux soins obstétricaux, parce qu'elles donnent naissance à leur bébé seules ou en l'absence de personnes qualifiées, parce qu'elles subissent un avortement insalubre ou parce qu'elles n'ont pas accès à une méthode de contraception moderne.
Dans cette optique, la pauvreté, l'exclusion sociale, l'inégalité d'accès à l'éducation et la violence faite aux femmes constituent d'importantes causes sous-jacentes de décès et d'invalidités maternels. Les femmes qui deviennent enceintes à un jeune âge, qui donnent naissance à plusieurs reprises, qui sont atteintes d'une malade infectieuse comme la malaria, la tuberculose et le VIH/sida, ou qui sont frappées d'anémie ou de malnutrition risquent davantage de mourir.
L'égalité des sexes est un élément fondamental de tout effort de développement international. De cet élément fondamental découle l'autonomisation des femmes, leur permettant d'atteindre des objectifs de développement plus larges sur le plan économique, politique et social. La SOGC voit la tragédie mondiale que représente la mortalité maternelle comme une injustice sociale que les gouvernements ont le devoir de redresser par l'entremise des systèmes politiques, juridiques et de santé.
Les droits de la personne fondamentaux doivent s'appliquer aux questions de maternité sans risques et de santé néonatale de manière à garantir à toutes les femmes le droit de prendre librement des décisions éclairées par rapport à leur santé, ainsi que l'accès à des services de santé de qualité avant, pendant et après la grossesse et l'accouchement.
Présence de personnes qualifiées à l'accouchement
Il existe présentement un vaste consensus à l'échelle internationale sur le type d'interventions techniques permettant de réduire les taux de mortalité.
Les pays qui sont parvenus à réduire les décès se sont assurés de mettre en place les éléments suivants :
accès facile à une personne qualifiée pendant l'accouchement (infirmière, sage-femme ou médecin habilité à la pratique de sage-femme)
accès à des soins obstétricaux d'urgence en cas de complications
système d'orientation fonctionnel assurant l'accès à des soins d'urgence, le cas échéant
Il n'est pas nécessaire d'établir un système de santé distinct pour sauver la vie des femmes et des enfants! En bref, les services complets de santé sexuelle et génésique forment la base du système de soins de santé primaires; le fait d'investir dans des programmes encourageant la présence de personnes qualifiées à l'accouchement et dans les soins obstétricaux essentiels renforce la structure de soins primaires existante. Il s'agit également d'une façon rentable et durable de prévenir les décès, tout en assurant l'accès de la population à des services de santé de base.
Mise à jour : 2/11/06
Le saviez-vous?
Une femme pauvre de l'Ouganda, de la Tanzanie ou de l'Indonésie court 200 fois plus de risques de mourir des suites de la grossesse ou de l'accouchement qu'une Canadienne.
La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC)
780, promenade Echo Ottawa (Ontario) K1S 5R7
Tél. : 800 561-2416 ou 613 730-4192 | Téléc. : 613 730-4314 | Courriel : helpdesk@sogc.com
Droits d'auteur. Tous droits réservés. | Politique de confidentialité | Règles d'usage